Après avoir soutenu de premiers projets portés par l’association Artivista à Tripoli, au Liban en 2022, puis à Colombes en 2023, la Fondation Almayuda a accompagné une nouvelle initiative en région parisienne. « De l’art dans nos rues et dans nos vies » est un projet qui a pris forme dans le quartier Beauregard, à La Celle-Saint-Cloud. Derrière trois graffeuses réputées, il a mobilisé pendant près d’un an habitants, artistes, associations, établissements scolaires et acteurs locaux autour d’une démarche artistique et citoyenne. À l’arrivée, quatre fresques monumentales ont transformé plusieurs façades du quartier.

L’art est un levier social fort qui peut provoquer la rencontre et le dialogue entre tous.

Créée en 2017 par Claire Prat-Marca, Artivista est née d’une conviction : « l’art est un levier social fort qui peut provoquer la rencontre et le dialogue entre tous. »

Depuis sa création, l’association mène des projets au Brésil, en Irak, en Colombie, au Liban, en Libye et en France. Partout, elle associe artistes, habitants, écoles, associations et institutions dans une démarche où la fresque est moins une finalité qu’un support de participation et d’échange.

Le contexte est à chaque fois différent, mais l’ambition demeure : faire de la création artistique un levier de rencontre, de dialogue et de cohésion sociale.

Beauregard, un quartier multiculturel

« De l’art dans nos rues et dans nos vies » est un projet né de la rencontre entre Claire Prat-Marca et Gaëlle Charon-Kaboré, directrice de La Kab’, la Maison des Jeunes et de la Culture de La Celle-Saint-Cloud, proche du quartier Beauregard.

Ancien domaine transformé en logements sociaux au début des années 1950, Beauregard accueille aujourd’hui une population multiculturelle. Comme beaucoup de quartiers urbains, il est confronté à un sentiment d’isolement, à des difficultés d’intégration pour certaines familles et à des enjeux touchant particulièrement la jeunesse et la place des femmes dans l’espace public.

Une année pour construire le projet

Les fresques ont été réalisées au printemps 2026, mais le projet avait commencé près d’un an plus tôt.

Exposition itinérante, ateliers de street art, interventions dans les écoles, fresques participatives : pendant plusieurs mois, Artivista a préparé le terrain avec les habitants. Plus d’une centaine de jeunes ont participé aux ateliers, tandis qu’une fresque de plus de 70 m² et une autre au collège Pasteur ont été réalisées avec les élèves.

Point d’orgue de cette préparation, plus de 1 500 habitants ont participé au vote permettant de choisir les œuvres destinées à habiller les grandes façades du quartier.

Trois artistes femmes, trois sensibilités

Pour réaliser les fresques monumentales, Artivista fait le choix de trois artistes femmes : Cécile Jaillard, Alix d’Anselme et Lucie Fléty. Un choix assumé, destiné à « porter un message d’égalité et d’émancipation ».

Illustratrice de formation, Cécile Jaillard signe sa première façade monumentale, une immense composition florale où feuilles, pétales et formes végétales semblent grimper le long du bâtiment. « J’ai passé deux semaines en mai pour venir à bout de ce mur en pleine canicule. C’était intense et merveilleux à la fois. Merci aux bénévoles et aux habitants du quartier qui ont été si accueillants. »

Je réalise un rêve

Ancienne graphiste, Alix d’Anselme réalise elle aussi sa première façade monumentale. Sa fresque, composée de grandes formes végétales colorées, apporte lumière et douceur à l’architecture du quartier. « Cette semaine, je réalise un rêve : peindre ma première façade perchée sur une nacelle. Quel bonheur de collaborer avec une équipe si impliquée ! »

Habituée des projets participatifs, Lucie Fléty intervient pour la troisième fois à Beauregard. Sur le mur de l’épicerie sociale de la Croix-Rouge, elle peint un renard entouré de tournesols, inspiré des bois voisins. « C’est un petit clin d’œil aux habitants pour embellir leur espace de vie. » Cette fresque est réalisée avec les jeunes du quartier, des bénévoles et les apprentis du CFP BTP de Trappes.

Un chantier partagé

Très vite, le chantier devient un lieu de rencontre.

Les habitants viennent suivre l’avancement des œuvres, les enfants reviennent chaque jour après l’école, certains apportent un café, d’autres du thé à la menthe ou des pâtisseries préparées à la maison.

Une habitante résume l’atmosphère créée par le projet : « Les fresques sont magnifiques. Mais ce qui m’a le plus marquée, c’est l’ambiance. Les gens se parlaient. Les enfants étaient partout. »

Chaque midi, artistes, apprentis, bénévoles, habitants et partenaires partagent le repas. Ces moments de convivialité prolongent naturellement les échanges engagés autour des fresques.

Comme le résume Gaëlle Charon-Kaboré : « Nous voulions proposer un projet qui rassemble, qui donne envie aux habitants de participer et qui leur permette de porter un autre regard sur leur quartier. »

Une trace durable

Le 30 mai 2026, plusieurs centaines de personnes participent à l’inauguration des quatre fresques.

Désormais intégrées au paysage de Beauregard, elles témoignent d’une aventure collective qui aura mobilisé, pendant près d’une année, plus de 1 500 habitants, des établissements scolaires, des associations, des artistes, des apprentis et de nombreux partenaires.
Bien au-delà des murs peints, elles racontent l’histoire d’un projet construit avec les habitants, pour leur quartier.

Liens utiles
https://artivista.fr/
https://www.youtube.com/watch?v=yrfMFVdOAB4